20 ans de La conférence nationale:
Préserver et parfaire les acquis
Au moment où le Bénin célèbre le 20e anniversaire de la conférence nationale des forces vives de la Nation de février 1990, l’aumônerie des cadres et personnalités politiques plubie les actes du colloque qu’elle a organisé en juillet 2008.
La Croix du Bénin: Pourquoi l’Aumônerie des cadres et personnalités politiques a-t-elle organisé un colloque sur la Conférence nationale 18 ans après cet événement fondateur de notre démocratie ?
Père Pénoukou: Ce colloque a été initié et réalisé comme l’un des objectifs majeurs du Mouvement catholique des cadres et des personnalités politiques, structure organique de l’aumônerie. L’un des objectifs majeurs de ce mouvement est de former les chrétiens et les citoyens à être témoins des valeurs de leur foi, et aussi des valeurs constitutives de la nation et donc de toute cité qui veut s’édifier sur des bases solides qui rejoignent les aspirations des citoyens. Pour nous donc, il s’agit de promouvoir une stratégie et une pédagogie qui s’incarnent dans la conscience des citoyens et la vie en société à partir des valeurs basiques de vérité, de liberté, de justice et de paix qui sont nécessaires à l’édification de toute nation. Voilà donc la première raison pour laquelle nous avons initié ce colloque. La deuxième raison s’inscrit dans la mission et le ministère de l’Eglise et en particulier de l’Eglise particulière du Bénin. Rappelons-nous qu’en 1989, une lettre pastorale des évêques du Bénin intitulée ‘‘convertissez-vous et le Bénin vivra’’ a interpellé les consciences et a préparé à l’idée de la conférence nationale. De même en 2005, les évêques avaient écrit une lettre pastorale, ‘‘peuple béninois souviens-toi et relève ton pays’’ dans laquelle ils ont montré que la conférence nationale est un élément fédérateur de la nation et un acte fondateur de la démocratie. Par ailleurs comme l’a révélé une enquête de votre organe de presse, peu de gens se souviennent encore de la Conférence nationale et de ses attributs, les jeunes en particulier ne savent même pas ce qu’elle signifie. Dès lors, il était nécessaire de relancer cet événement et lui de donner un nouveau souffle.. C’est le seul événement vraiment consensuel de notre histoire commune. L’indépendance nationale n’était pas pour autant marquée de ce caractère de consensus. Elle n’était pas acquise sur une lutte collective et commune. On n’a jamais vécu une histoire positive de cette envergure, qui ait donné naissance à la nation avant la Conférence nationale. Elle a capitalisé les acquis positifs de nos histoires et réactions négatives à partir de nos aspirations communes pour le bien commun de notre pays. C’est donc un événement consensuel de référence pour notre nation. Un tournant positif dans l’histoire de notre pays.
Une fois que le colloque a été fait qu’est-ce qu’on peut retenir comme points forts des actes que vous publiez ?
D’abord, il s’est agi à ce colloque d’un bilan critique des acquis de la Conférence nationale. Le bilan a pris en compte tous les domaines de la vie de la Nation : le plan politique, le plan économique, le plan social, le plan de la jeunesse, le plan de la société civile, le plan des infrastructures, etc. Tout cela a été passé en revue. Il y avait le risque d’une mytologisation émotionnelle de la conférence nationale. Certes elle est un acte positif. Mais un acte imparfait, qu’il faut parfaire. Ceci a donné lieu à des recommandations pour évaluer, parfaire et préserver les acquis de cet événement qui constitue quelque part la raison d’être de notre histoire. Il faut donc créer des structures qui rendent pérenne la mémoire de cette référence historique. On est allé jusqu’à proposer qu’on inscrive la conférence nationale dans les programmes d’enseignement scolaires. Il faut aussi travailler à l’insertion des valeurs éthiques dans la conscience des citoyens, surtout de ceux qui gèrent les biens de l’Etat. L’amour du pays, l’amour patriotique est l’une de ces valeurs fondamentales à inculquer à nos concitoyens. Les phénomènes qui constituent des freins au développement de notre pays n’ont pas encore été éradiqués. Prenons la corruption. Le grand problème qui se pose face à ce phénomène est l’impunité. Avec le régime qui est en place, on a marché contre la corruption, on a cru à cette marche, mais personne n’a jamais été puni. On a mis quelques uns en prison et ils sont sortis sans se convertir. Et ils sont prêts à recommencer. Où est donc le sens du respect du bien commun, l’un des moteurs du développement? Voilà des éléments importants qui ont été évoqués.
Quel sera donc l’impact du colloque et des actes aujourd’hui et demain ?
Si on avait les moyens, on aurait créé un vaste mouvement de prise de conscience de l’esprit de la Conférence nationale. Il s’agira d’envoyer des gens sur le terrain qui puissent non seulement redire les acquis de la Conférence mais surtout répondre aux préoccupations actuelles des populations. L’une de ces préoccupations est la question du multipartisme intégral.Ca correspond à quoi dans nos traditions? Il faut donc aller sur le terrain pour non seulement dénoncer ce qui ne va pas, mais inculquer les valeurs. Nous avons dans l’Eglise des mouvements, des groupes de prières. Ils prient pour quoi ? Si la prière consiste seulement à demander la guérison, je crois que ce salut là n’est pas universel. Les chorales sont des cibles qui peuvent permettre d’enseigner les valeurs patriotiques. Il faut toute une catéchèse qui prenne en compte ces valeurs. Nous avions même imaginé des groupes pour préparer les prochaines échéances électorales. Mais nous sommes handicapés par deux obstacles majeurs : le manque des moyens financiers et matériels et le manque d’une équipe de cadres disponibles, parce qu’ils ont des engagements professionnels et familiaux. Il faut donc réfléchir à nouveau pour voir comment sur place trouver des gens pour servir de relais pour ce travail.
La maturité politique doit être comprise comme la conscience des valeurs citoyennes. Et surtout la capacité d’assumer ces valeurs et de dire non à des contre valeurs. Ces valeurs, comme le disait Jean XXIII en 1963, ne peuvent se vivre qu’en union avec Dieu. Et l’homme a besoin des valeurs pour s’accomplir. Nous espérons que le lancement de ces actes suscite certaines générosités pour nous aider à réaliser les objectifs que nous poursuivons et que d’autres structures puissent prendre le relais pour donner suite à cet évènement fondateur de notre démocratie, la Conférence nationale.
Propos recueillis par
Abbé Serge Bidouzo
Jeu-concours «Conférence nationale»
Proposé par la Rédaction
1- Au Bénin, la Conférence nationale a eu lieu
a- A l’hôtel Sheraton, du 19 au 28 février 1990.
b- Au Palais des Sports, du 19 au 25 mars 1990.
c- A l’hôtel Plm Alédjo, du 19 au 28 février 1990.
2- Le comité national préparatoire a été installé
a- Le 22 décembre 1989
b- Le 15 mars 1993
c- Le 21 janvier 1990
3- Le comité national préparatoire était composé de
a- 2 membres
b- 8 membres
c- 30 membres
4- Le comité national préparatoire a été présidé par
a- M. Moise Mensah
b- Mgr Isidore de Souza
c- Me Robert Dossou
5- Le bureau provisoire de la conférence était composé
a- D’un enfant, d’un ministre et d’un délégué du Prpb
b- Du doyen d’âge, du plus jeune et d’une femme.
c- D’un Béninois de l’étranger, du doyen d’âge et d’une commerçante.
6- Le président du bureau provisoire était
a- M. Salomon Biokou
b- M. Hubert Maga
c- M. Damien Chrysostome
7- Le nombre des participants à la Conférence s’élève à
a- 312
b- 520
c- 907
8- La souveraineté de la Conférence a été proclamée le
a- Le 25 février 1990
b- 26 décembre 1989
c- 19 février 1990.
9- Le rapporteur général de la conférence est
a- Maurice Glèlè-Ahanhanzo.
b- Albert Tévoédjrè
c- Aké Loba
10- Le président du présidium est
a- Me Bertin Borna
b- Mgr Robert Sastre
c- Mgr Isidore de Souza
Réponse dans notre numéro spécial