Editorial du 27 Janvier 2012: Conscience écologique

1130Nous sommes à une époque marquée par une tendance assez généralisée chez certaines personnes qui pensent qu’elles ont le droit de faire tout ce qui satisfait leurs besoins personnels. Selon l’expression populaire qui le rend bien, dès lors qu’on dit d’une action que « ça marche »,  la question de savoir si ce qu’on fait est moralement justifié ou non ne se pose plus. Les victimes des fameuses épargnes illégales étaient convaincues que « ça marchait ». On peut donner mille autres exemples dans les domaines aussi variés comme les prières et les exorcismes dont on dit qu’ils « marchent », ou les affaires et les médicaments dont on dit qu’ils « marchent », etc.

Mais attardons-nous sur deux domaines où s’illustrent les liens entre l’action individuelle et l’environnement dans lequel vit l’individu: l’écologie environnementale et l’écologie humaine. L’une et l’autre faisant partie du même « livre de la nature [qui] est unique et indivisible ».

Si c’est de mon intérêt de couper un arbre ou de faire un feu de brousse, en quoi « cela regarde quelqu’un ?» – comme le dirait une autre expression populaire qui le rend bien. Puisque « ça marche » pour moi et que je satisfais un besoin personnel. En termes simplifiés, la question morale de l’écologie environnementale pourrait se poser ainsi.   

De la même façon, si je fais un avortement, « un mariage à l’essai », ou si je change de sexe, en quoi « cela regarde quelqu’un ? » N’est-ce pas ma vie privée ? En termes simplifiés, la question morale de l’écologie humaine pourrait se poser ainsi.

En se penchant ses jours-ci sur le thème de «  l’écologie humaine au service de la vie et de la famille », l’Institut Jean-Paul II aborde, le temps d’un colloque, une problématique qui touche profondément à nos vies de tous les jours. Comment l’Église pourrait-elle mieux entrer en dialogue avec le jeune qui essaye de gérer sa sexualité, le couple qui cherche à concevoir ou qui traverse une crise et qui comme tant d’hommes et de femmes sont portés par la culture ambiante à faire ce qui « marche » ? Comment leur faire entrevoir les liens entre la vie privée et l’écologie humaine ? Ou pour tout dire, comment former en eux une conscience écologique ? De tels défis sont au cœur du colloque et exige de l’Église une pastorale plus appropriée.

André S. QUENUM

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