Une délégation des évêques de l’Afrique en mission de plaidoyer auprès de Boni Yayi, président de l’Ua.
Cotonou 10 mai 2012. Une délégation du Symposium des conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar (Sceam) s’est rendue au palais de la présidence de la République du Bénin pour une visite pastorale et de plaidoyer pour la bonne gouvernance auprès du président béninois Boni Yayi, président en exercice de l’Union africaine. Le Chef de la délégation, Mgr Nicodème Barrigah-Bénissan, évêque d’Atakpamè et président de la Commission épiscopale nationale Justice et Paix du Togo, représentait son éminence Polycap Cardinal Pengo, archevêque de Dar es Salaam et président du Sceam, l’organe pastoral continental de tous les évêques de l’Eglise catholique en Afrique et dans les îles environnantes. Mgr Barrigah-Bénissan a été introduit chez le président Yayi par Mgr René Marie Ehouzou, évêque de Porto-Novo, représentant Mgr Antoine Ganyé, président de la Conférence épiscopale du Bénin (Ceb). La délégation est aussi composée du Père Martinho Maulano (mozambicain), 2e secrétaire général adjoint du Sceam, du Père Pascal Guézodjè (Béninois), Secrétaire général adjoint de la Ceb, de M. Benedict Assorow (Ghanéen), directeur des communications au Sceam, du Père Auguste Yènou, assistant administratif du secrétariat général de la Ceb et du Père André Quenum de La Croix du Bénin.
« Notre délégation, déclare Mgr Barrigah-Benissan, vient… vous remettre, en votre qualité de président de l’Union Africaine, le Message du Sceam sur la gouvernance, le bien commun et les transitions démocratiques. Convaincus que l’avenir de notre cher continent dépend dans une large mesure de l’attention que porteront nos dirigeants à ces trois exigences fondamentales, nous sollicitons votre soutien personnel à la campagne de plaidoyer que mène l’Eglise pour la mise en œuvre par les chefs d’Etat africains des engagements contenus dans la Charte africaine sur la démocratie, les élections et la bonne gouvernance, document entré en vigueur depuis le 15 février 2012 avec la ratification du Cameroun », le 15e pays africain à signer une telle ratification. L’Eglise catholique en Afrique mène le plaidoyer pour que tous les pays du continent ratifient la Charte et respectent les engagements. L’Assemblée nationale du Bénin a déjà voté l’autorisation de ratification de la Charte. Mais le président de la République n’a pas encore signé la ratification.
La délégation des évêques sollicite aussi le soutien du président de l’Ua pour le suivi et la finalisation du Mémorandum d’Entente entre le Sceam et l’Union Africaine. Le Sceam cherche à obtenir un statut d’Observateur auprès de l’Union Africaine pour apporter sa contribution à la gestion des nombreux défis auxquels doit faire face le continent. L’Eglise Universelle a un tel statut auprès de plusieurs organisations internationales dont l’Onu. Et au niveau de l’Afrique de l’Ouest, l’Eglise demande aussi un tel statut auprès de la Cedeao.
La délégation du Sceam sollicite également le président de l’UA pour que lors du Sommet des Nations Unies pour le Développement Durable qui se tiendra du 20 au 22 juin prochain à Rio de Janeiro, il prenne part à la messe de plaidoyer qui sera célébrée et qu’il préside la Conférence organisée conjointement par le Sceam, la Conférence épiscopale d’Amérique latine (Celam), la Caritas Internationalis et l’Alliance Internationale des Organisations de développement Catholique (Cidse).
Mgr Barrigah-Benissan a saisi l’occasion pour féliciter au nom du Sceam Boni Yayi pour son élection à la tête de l’Union africaine. Il a aussi remercié au nom de l’Eglise catholique sur le continent le président béninois pour son engagement personnel dans l’organisation de la visite pastorale du Pape Benoît XVI en novembre 2011, visite au cours de laquelle le Saint-Père a remis au continent l’Exhortation apostolique post-synodale, Africae Munus. « Votre pays, le Bénin, a fait honneur à l’Afrique par la qualité exceptionnelle de son accueil », a affirmé Mgr Barrigah. Et il ajoute : « Le Pape lui-même et tous les pèlerins ont gardé un souvenir très heureux ». C’est dans la mise en application du message de l’Exhortation que l’Eglise catholique sur le continent a lancé un certain nombre d’initiatives qui motivent l’actuelle visite de plaidoyer au Bénin.
Le président de l’Union Africaine, le Dr Boni Yayi a répondu favorablement aux demandes de la délégation qu’il a reçue avec enthousiasme et promptitude. « Je vous ai suivi 5/5 », a-t-il répété. « Votre message vient à point nommé » en un moment où « nous sommes dans un désordre indescriptible » sur le continent, affirme Yayi très préoccupé. « Il nous faut la démocratie certes, mais la manière dont elle a été imposée en Lybie sans faire confiance aux institutions du continent », explique-t-il , nous a laissés avec des conséquences désastreuses à gérer sur le continent. La Guinée-Bissau, le Mali, le Nigéria, le péril terroriste, l’intolérance religieuse, le retour de l’armée au devant de la scène dans certains pays, l’absence de l’Afrique dans le Conseil de sécurité de l’Onu, autant de questions qui préoccupent le président de l’Ua. Et Autant de raisons sur lesquelles il se fonde pour remercier l’Eglise pour ce qu’elle fait déjà pour les citoyens et pour les âmes. Il s’engage à répondre favorablement aux demandes du Sceam et à convaincre ces pairs chefs d’Etat du continent.
André S. QUENUM
Qu’est-ce que le Sceam ?
Le symposium des conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar (Sceam) est né de la volonté des évêques africains de crée une structure continentale pour projeter la vision africaine dans l’Eglise universelle.
Après une consultation avec la Congrégation de l’évangélisation des peuples en 1968 à Rome, l’institution a été officiellement lancée à Kampala en Ouganda l’année suivante lors de la première visite apostolique du Pape Paul VI.
Le Sceam a pour mission d’édifier l’Eglise comme famille de Dieu en Afrique afin de préserver la communion, la collaboration et l’action commune parmi toutes les Conférences épiscopales d’Afrique et des Îles. A cet effet, le Sceam participe à l’évangélisation en profondeur les peuples d’Afrique, au développement humain, aux questions de la bonne gouvernance, de justice et de paix.
Il poursuit également les relations fraternelles et le dialogue interreligieux avec les autres religions. Le Sceam dispose d’institutions théologiques et pastorales ainsi que de centres de recherche et de formation. Son siège est à Accra au Ghana.



