Editorial du 11 mai 2012: Nos grands hommes

1145Cette semaine qui s’achève est remplie de grandes commémorations qui font réfléchir sur le rôle des femmes et hommes grands et moins grands dans le destin de leur communauté. L’Union européenne a fêté la journée de l’Europe. La fondation Konrad Adenauer a marqué les 20 ans de sa présence au Bénin. Et dimanche 13 mai,  nous rappellera le 4e anniversaire du rappel à Dieu du cardinal Gantin.

Derrière le projet de l’Europe qui s’efforce malgré les crises multiples et profondes à faire avancer la construction d’une communauté européenne plus solidaire et plus florissante, se profile la mémoire de grands hommes qui ont conçu et porté le projet et ses valeurs fondatrices. On cite souvent l’Allemand Konrad Adenauer, le  Luxembourgeois Joseph Bech, le Néerlandais Johan Willem Beyen, l’Italien Alcide De Gasperi, les Français Jean Monnet et Robert Schuman et le Belge Paul-Henri Spaak. Il faudrait remonter aussi jusqu’aux génies comme Ludwig van Beethoven (1770-1827) dont la 9e symphonie a donné la mélodie de l’Hymne à la joie, Hymne non seulement de  l’Union européenne mais de toute l’Europe.

L’Union européenne représentée chez nous est certes un Partenaire technique et financier (Ptf). Mais  elle doit mieux nous faire réfléchir par ses valeurs, ses moyens, par les limites et fragilités de ses systèmes sociaux, économiques et éthiques qui lui posent de nombreux défis et crises, et par les efforts qu’elle fournit pour y faire face, comme on a pu le voir durant les dernières élections européennes.

Au Bénin, nous savons que nous avons à améliorer notre gestion de la mémoire et de l’influence de nos grands hommes et femmes  sur nous-mêmes, sur nos communautés nationales, sous-régionales et continentales. Le cardinal Gantin dont nous célébrons dimanche le 4e anniversaire de sa mort a, parmi tant de choses que nous ne lui connaissons pas, contribué à la vie du Symposium des Conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar (Sceam). Cet organe pastoral continental dont une délégation est allée rencontrer cette semaine le président de l’UA qu’est Boni Yayi.

L’ amour du cardinal Gantin pour l’Eglise qu’il a servie, son amour pour le Bénin à propos duquel il disait prophétiquement, « qu’il croisse et que je diminue », sa mémoire du cœur et sa délicatesse pour tous, mêmes les plus petits, doivent continuer de nous encourager et de nous inspirer des initiatives comme la Fondation Gantin en vue d’un apprentissage plus méthodique de la gestion de la mémoire de nos grands hommes.

André S. QUENUM

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